| Les
archives communales offrent des ressources
variant selon l’importance et l’ancienneté
de la commune. En effet, dans les plus grandes
villes elles sont les témoins de l’administration
municipale depuis le Moyen-Age. Face à la
multiplication des demandes de particuliers
désirant effectuer des recherches généalogiques,
il est sans doute intéressant de passer en
revue un certain nombre de questions relatives
aux archives communales, à leur conservation,
à leur délivrance, à la responsabilité du
maire.
Les
archives communales sont les documents, quels
que soient leur date, leur format et leur
support matériel, produits ou reçus par l’administration
communale (article 1 de la loi sur les archives
du 3 janvier 1979).
La
conservation de ces documents est organisée
dans l’intérêt général pour :
- la gestion des affaires communales,
- la justification des droits des administrés,
- la documentation historique de la recherche.
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QUELLE
EST LA RESPONSABILITE DU MAIRE EN
MATIERE D'ARCHIVES ?
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Le
Maire est responsable civilement
et pénalement des archives
communales. Il est notamment passible de deux
ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende
en cas de destruction, dégradation et détérioration
d’archives (article 322-2 du code pénal),
ou de un an d’emprisonnement et 15 000 euros
d’amende en cas de négligence ayant entraîné
la soustraction ou le détournement de biens,
en l’occurrence, d’archives (article 432-16
du code précité).
Les
communes sont propriétaires de leurs archives
et en assurent la conservation, ainsi que
la mise en valeur, sous le contrôle scientifique
et technique de l’Etat (art. L. 1421-1 L.
1421-6 du code général des collectivités territoriales).
Les
archives communales sont des archives publiques.
A ce titre, elles sont inaliénables
(elles ne peuvent être vendues, ni données,
ni jetées sans autorisation) et imprescriptibles
(c'est à dire que leur caractère public ne
se perd pas, quelle que soit leur ancienneté).
Il
est prévu que les frais de conservation des
archives constituent une dépense obligatoire
pour la commune (art. L. 2321-2-2° du CGCT),
ce qui comprend l’achat de boites à archives,
les frais de classement et de restauration
des documents, l’aménagement d’un local.
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QUE
FAIRE EN CAS DE RENOUVELLEMENT DE
MUNICIPALITE ? |
A
chaque élection, un récolement des archives
doit être effectué. Le récolement consiste
en l’inventaire de l’ensemble des documents
présents en mairie. Cet inventaire doit correspondre
exactement à la réalité, car un document indiqué
sur la liste doit toujours pouvoir être présenté
: la reprise des récolements précédents n’est
donc pas possible. Par ailleurs, le récolement
doit être accompagné d’un procès verbal de
prise en charge des archives, afin de transférer
la responsabilité entre le maire sortant et
le maire entrant. Il est à noter enfin que
le récolement est obligatoire à chaque élection,
même si l’équipe municipale ne change pas.
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QUEL
EST LE ROLE DES ARCHIVES DEPARTEMENTALES
ENVERS LES COMMUNES ?
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Les
archives départementales apportent aux communes
aide et conseil pour toute question en rapport
avec l’archivage. Le directeur des archives
départementales est chargé, en tant que représentant
de la direction des archives de France, et
sous l’autorité du préfet, du contrôle scientifique
et technique de l’Etat sur les archives des
collectivités territoriales (art. L. 1421-6
et R. 1421-2 du code général des collectivités
territoriales).
Ce
contrôle technique prend plusieurs formes
:
- délivrance de visa préalable à toute
destruction d’archives,
- approbation concernant tous les travaux
de construction et d’aménagement de locaux
d’archivage,
- visites sur place des locaux.
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DANS
QUELS CAS DEPOSER LES ARCHIVES COMMUNALES
AUX ARCHIVES DEPARTEMENTALES ? |
Pour
les communes de moins de 2000 habitants, certains
documents doivent impérativement être déposés
aux archives départementales :
- les documents de l’état civil de plus
de cent cinquante ans,
- les plans et registres cadastraux ayant
cessé d’être en service depuis au moins
trente ans,
- les archives ayant plus de cent ans.
Une dérogation peut être accordée par
le préfet sur demande écrite du maire,
et après un contrôle et un avis favorable
du directeur des archives départementales
attestant des bonnes conditions des conservation.
Dans
les communes de plus de 2000 habitants, ces
mêmes documents conservés dans les archives
communales peuvent être déposés par le maire
aux archives du département, après délibération
du conseil municipal.
Lorsque
les conditions de conservation mettent en
péril des documents présentant un intérêt
historique certain, le préfet du département
peut mettre en demeure la commune de prendre
toutes les mesures qu’il énumère. En cas d’inaction
de la commune, le préfet peut prescrire le
dépôt d’office de ces documents aux archives
départementales, quelle que soit l’importance
de la commune ou l’ancienneté des documents.
Il
est à noter que les documents déposés par
les maires aux archives départementales restent
la propriété des communes. Ainsi, aucune archive
communale ne peut être éliminée par les services
des archives départementales sans l’autorisation
du conseil municipal.
(articles L. 1421-7 à L. 1421-10 du
code général des collectivités territoriales).
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COMMENT
S'EFFECTUE LE CLASSEMENT DES ARCHIVES
? |
L’intérêt
du classement des archives communales est
multiple. Bien sûr il permet de retrouver
plus facilement les documents, mais il facilite
également la gestion des affaires communales
et la communication rapide des documents au
public.
Lorsque
les documents sont utilisés par la mairie,
ils obéissent à un classement purement interne,
c’est à dire propre à la mairie concernée.
Ce n’est que lorsque les documents ne sont
plus utilisés depuis un certain temps que
le tri, le classement et l’archivage en tant
que tel deviennent nécessaires, et qu’un cadre
réglementaire intervient.
Dès
le XIXème siècle, un cadre de classement a
été institué afin d’uniformiser les règles
de classement sur l’ensemble du territoire
français. Un nouveau cadre de classement,
toujours en vigueur, a été institué en 1926
portant règlement des archives communales.
Il établit une distinction entre les documents
anciens (avant 1790), répertoriées par des
doubles lettres de AA à II, et les documents
récents (après 1790) répertoriées par des
lettres simples de D à S. Pour les communes
de moindre importance, il existe un cadre
de classement simplifié, qui leur permet d’archiver
sous des mots-clés des documents en fonction
de leur nature et de leur provenance
(cf. cadre de classement en annexe).
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QUELLES
SONT LES REGLES DE COMMUNICATION DES
ARCHIVES DES COMMUNES ? |
L’accès
aux archives communales est un droit
public.
En vertu de la loi du 3 janvier 1979, les
archives communales ne sont communicables
qu’après un délai de 30 ans (article 6 de
la loi). Cependant, les délibérations
communales, les budgets et les comptes administratifs,
les arrêtés du maire, les listes électorales
et les permis de construire sont immédiatement
consultables.
Pour
certains documents, des délais spéciaux sont
appliqués (article 7) :
- 100 ans à partir de la date de clôture
du dossier, pour les actes d’état civil,
les minutes et répertoires des notaires,
les dossiers judiciaires. Cependant, des
extraits des actes d’état civil peuvent
être délivrées.
- 150 ans à partir de la date de naissance
de l’intéressé, pour les dossiers médicaux,
- 120 ans à compter de la date de naissance
de l’intéressé, pour les dossiers de personnel,
- 60 ans à compter de la date de l’acte
pour les dossiers mettant en cause la
vie privée ou la sûreté de l’Etat.
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LA
MAIRIE PEUT-ELLE FAIRE PAYER LA COMMUNICATION
DES DOCUMENTS D'ETAT CIVIL ?
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Il
convient de distinguer selon que les documents
datent de plus de cent ans ou de moins de
cent ans.
Comme
il a été vu précédemment, la consultation
des registres d’état civil et des tables de
moins de 100 ans, est en principe interdite,
afin de ne pas divulguer certains renseignements
relatifs à la filiation des particuliers.
Néanmoins, les mairies peuvent délivrer des
copies ou des extraits de ces actes de moins
de 100 ans. La délivrance de ces actes est
gratuite (loi du 27 décembre 1973), de sorte
que l’envoi par courrier de tels actes ne
peut faire l’objet d’aucune participation
financière, que ce soit pour les frais d’affranchissement,
ou pour la recherche effectuée. La commune
doit donc prendre en charge les frais, y compris
lorsque le destinataire est une autre commune.
En
ce qui concerne les registres et les tables
de plus de cent ans, la consultation est libre,
mais le principe de gratuité ne s’applique
pas et la communication de copies
ou d’extrait de ces actes donne lieu à la
perception de droits d’expédition dans les
conditions fixées par la loi. Ces droits d’expédition
s’élèvent à 3,05 euros par page (décret n°
92-1224 du 17 novembre 1992). Enfin, il convient
de préciser que ni la loi sur les archives
de 1979, ni les décrets d’application, n’instituent
un droit à obtenir une photocopie des actes
d’état civil datant de plus de cent ans, compte
tenu notamment des risques de dégradation
du document concerné (CE, 9 février 1983,
M. Bertin).
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QUELS
DOCUMENTS ELIMINER ? |
Les
archives publiques a l'expiration de leur
période d'utilisation courante « font l'objet
d'un tri pour séparer les documents à conserver
et les documents dépourvus d'intérêt administratif
et historique, destinés à l'élimination »
(article 4 de la loi du 3 janvier 1979). Toute
destruction d’archives doit faire l’objet
d’un bordereau de demande d’élimination, dressé
en deux exemplaires, signé par le maire et
adressé au directeur des archives départementales
pour autorisation.
Des
tableaux de tri et d’élimination sont établis
par la direction des Archives de France et
précisent les délais de conservation et la
destination finale de certains documents.
Pour les autres documents, les conditions
de leur élimination sont fixées en accord
entre l'autorité qui les a produits ou reçus
et l'administration des archives. |