FICHE THEMATIQUE ADM 76 n°11

Juillet 2005

 

Foires à tout, brocantes, vide-greniers…

De nombreuses appellations qualifient les manifestations organisées en lieu public ou ouvert au public, en vue de la vente ou l’échange d’objets mobiliers usagés ou acquis à des personnes autres que celles qui les fabriquent ou en font le commerce : foires à tout, foire à la brocante, vide-greniers… Autant de manifestations considérées comme des ventes au déballage et qui doivent répondre aux règles de droit qui leur sont applicables.

 

 

Quelles sont les ventes concernées ? (art. L. 310-2 du Code du commerce)

 

*   sont concernées les ventes de marchandises effectuées dans des locaux ou sur des emplacements non destinés à la vente au public de ces marchandises, ce qui inclut :

-          les ventes à partir de véhicules spécialement aménagés,

-          les manifestations dites « foires à tout », « vide-greniers »…

-          dans les centres commerciaux, les surfaces non affectés à la vente (galeries marchandes…)

 

*   ne sont pas concernées les ventes réalisées par des professionnels :

-          qui justifient d’une permission de voirie ou d’un permis de stationnement sur la voie publique, si la surface de vente ne dépasse pas 300 m²,

-          au cours de tournées habituelles de voisinage,

-          sous forme de vente aux enchères (au sens de l’article L. 320-2 du code du commerce).

 

 

 

L’autorisation administrative

 

Il est assez rare que l’organisateur d’un vide-grenier ou d’une brocante soit la commune elle-même. En général ce sont des associations, des comités de quartier, etc, qui organisent ces manifestations. L’organisateur doit au préalable demander une autorisation de vente qui sera délivrée :

-          par le maire de la commune lorsque la surface affectée à l’opération est inférieure à 300 m²,

-          par le Préfet dans le cas contraire.

 

Avant de délivrer l’autorisation, le Préfet ou le maire informe la Chambre de Commerce et d’Industrie et/ou la Chambre des Métiers. Ces chambres disposent d’un délai de 15 jours pour faire connaître leurs observations.

Les demandes d’autorisation devront être introduites au plus tard 3 mois avant le début de la brocante et au plus tôt 5 mois.

Si aucune réponse n’intervient dans les deux mois, la demande est considérée comme acceptée.

 

A noter : les manifestations du type brocante, vide-greniers, etc, ne peuvent excéder deux mois par année civile dans un même local ou sur un même emplacement.

Les manifestations doivent être respectueuses de l’ordre public au sens large : circulation des véhicules et des personnes ; sécurité des citoyens ; conditions de concurrence locale et l’équilibre du commerce et de l’artisanat.

 

D’autres autorisations doivent être demandées, le cas échéant, par les organisateurs de la manifestation :

-          autorisation du maire pour l’utilisation de la voie publique (si la brocante ou le vide-grenier a lieu sur le domaine public communal : place, esplanade, rue…),

-          autorisation du maire pour l’ouverture de débits de boissons temporaires (cf. article de la Lettre d’information de l’ADM 76 n°31, p. 18).

 

 

 

Le registre obligatoire

 

L’organisateur d’une manifestation ou les dirigeants de l’association organisatrice doivent respecter strictement les dispositions de l’article 321-7 du nouveau code pénal qui rend obligatoire la tenue d’un registre permettant l’identification des vendeurs, afin de lutter contre le recel.

Doivent figurer sur le registre :

-          les noms, prénoms, qualité et domicile de chaque personne qui vend ou échange sur la manifestation

-          la nature, le numéro et la date de délivrance de la pièce d’identité produite avec la mention de l’autorité qui l’a établie

-          si le vendeur est une personne morale, l’indication de sa dénomination, de son siège et des noms, prénoms et qualité, domicile du représentant de cette personne morale à la manifestation

 

Par ailleurs, un certain nombre d’obligations sont imposées aux organisateurs de la manifestation :

-          avant la manifestation, faire parapher et coter le registre par le commissaire de police ou par le maire de la commune du lieu de la brocante,

-          ternir le registre à disposition des services de contrôle pendant toute la durée de la manifestation

-          déposer le registre au plus tard dans un délai de huit jours à la préfecture ou à la sous-préfecture du lieu de manifestation.

 

Les organisateurs de vide-greniers ou brocantes ont en général l’habitude de l’organisation de ce genre de manifestations, leur expérience explique donc que les mairies n’aient pas beaucoup à intervenir durant la manifestation. A l’inverse, la mairie ne doit pas se décharger sur les organisateurs.

 

Il est important que la commune fournisse les informations légales énumérées ci-dessus aux organisateurs, dans la mesure où le non respect de l’obligation de demande d’autorisation préalable fait encourir une amende de 15 000 €, et qu’une personne qui organiserait une manifestation sans tenir à jour le registre permettant l’identification des vendeurs peut être punie de six mois d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende.

 

Enfin, la commune doit veiller au respect des règles de sécurité habituelles : notamment, les services municipaux doivent prendre, le cas échéant, les arrêtés d’interruption de la circulation et d’interdiction de stationnement. Le plus souvent ce sont les organisateurs qui gèrent le placement des participants, dans ce cas il faut veiller à ce que les règles de sécurité soient respectées et notamment que le passage des véhicules de secours peut se faire aisément.

 

 

Les particuliers des communes voisines peuvent-ils participer à la brocante ou au vide grenier ?

 

Face au risque de recel, certains préfets ou maires ont souhaité, par arrêté, apporter des restrictions à la participation des particuliers domiciliés dans d’autres communes que celle où se tient la manifestation. Un avis du Tribunal administratif de Clermont Ferrand en 1998, a considéré que la différence de traitement entre habitants de la commune  ou des communes avoisinantes et ceux d’autres communes ne peut être fondée sur une réelle différence de situation, ni par un motif d’intérêt général. Elle ne trouve donc pas de fondement légal en droit positif. Il est donc loisible à toute personne, même non domiciliée dans le canton, de participer à une manifestation du type brocante ou vide-greniers.

(NB : Cette position avait déjà été développée en 1998 par le secrétaire d’Etat aux petites et moyennes entreprises, au commerce et à l’artisanat, dans une réponse à un sénateur (JO. Sénat, QE 26 novembre 1998, p. 3806)).

Lexique

Vide-grenier : réservé aux particuliers. En principe interdit aux brocanteurs professionnels.

 

Brocante : normalement réservée aux professionnels. Ces derniers sont soumis à une réglementation spéciale lorsqu’ils occupent le domaine public (ils doivent notamment fournir à la mairie les documents officiels faisant état de leur profession et tenir à disposition des autorités un registre de police)

 

Braderie : permet aux commerçants de vendre leurs fins de série à bas prix.

Il est important de connaître ces nuances, car parfois des différends entre professionnels et particuliers peuvent apparaître lorsque les manifestations ne sont pas clairement définies (les professionnels se plaignant parfois de concurrence déloyale).

 

 

Textes de référence

- loi n°96-603 du 5 juillet 1996

- décret n°96-1097 du 16 décembre 1996

- articles 321-7 et 321-8 du code pénal

 

 

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